La côte des Arts, Mai 1992

Est-ce un heureux hasard si, dans le nom de THERESA, il y a le mot « terre »?…
Selon ses propres termes :
« La terre vibre sous mes doigts, à moins que ce soit moi qui vibre à son contact ».
Cette osmose résume en une phrase la démarche plastique de cette jeune femme qui a su s’imposer en quelques années parmi les meilleurs sculpteurs contemporains.
Une symbiose parfaite unit la matière à THERESA.
Chaque œuvre est le fruit d’elle-même qui s’intègre, se fond et se lie à l’élément solide.
Ses créations naissent de l’émotion que ses mains pétrissent, modèlent, repoussent ou réduisent. Un échange spirituel qui explique mieux que les mots, cette attraction pour la sculpture, qualifiée à tord de froide et statique, qu’une mutation ésotérique a su transformer en sentiment intérieur.
Enfant, j’aimais à toucher la rigueur du métal, caresser la texture du bois, le <<glacé>> du marbre, la force de l’airain : m’imprégner humblement, respectueusement, de la puissance qu’il fallut à l’artiste dans l’élaboration des formes. J’admirais comment, d’un noyau brut, le sculpteur arrive à exécuter une création aboutie, parfois ignorée ou solitaire dans les salles d’expositions, mais dont l’état et la grâce lui confère la condition d’œuvre magistrale.
La sculpture c’est l’authentique, le réel !
Un corps domestique par le seul savoir-faire de l’artisan. Des impulsions pondérales et charnelles qui malaxent ou burinent jusqu’à la pureté des bombés ou des creux.
De ce travail, on n’en voit généralement que la quintessence, l’harmonie, des rythmes et la vigueur de l’éloquence. A cet équilibre subtil, THERESA y ajoute l’élégance écrue qui s’épanouit dans l’univers et l’espace.
Ce peut être beau et lisible, impénétrable ou emphatique, il n’en résulte pas moins une réalisation noble qui s’impose à notre environnement fonctionnel.
Aimer la sculpture, c’est admettre qu’une structure inerte puisse être animée par des forces vitales, tout aussi, recéler l’âme immortelle de l’artiste. La pierre vit, le cuivre est chaud, l’étain en perpétuelle mutation.

THERESA donne ce droit à l’existence en toute conscience de sa propre révélation.

Daniel CHUDET, Journaliste à la côte des Arts
Paris le 30 mai 1992

ODETTE NAHOUN

L’ Art sauvera le monde de la grisaille… de la déprime
Rencontre d’un sculpteur : THERESA
Dès l’âge de 6 ans, elle désirait déjà être sculpteur… à 12 ans, elle crée «ATHENA»… sa première sculpture.
La Mode, la Décoration, puis sa propre création d’entreprise «PARIS-JARDIN» mais pendant toutes ces années rien n’ébranlera le Feu Sacré qui est en elle.
«LA TERRE VIBRE SOUS MES DOIGTS, A MOINS QUE CE NE SOIT MOI QUI VIBRE A SON CONTACT» …
Une seule exposition personnelle par an… PARIS… TOKYO… NEW YORK…
Mais aussi au GRAND PALAIS… SALON D’AUTOMNE… LES INDEPENDANTS… LES ARTISTES FRANCAIS… LA BIENNALE DES BEAUX ARTS… LES GALERIES D’ART…
THERESA travaille nuits et jours dans son atelier…
le bloc de terre est la, son cœur, sa passion, ses mains feront naitre
ce merveilleux cortège de sculptures aux courbes pleines et rondes, aux regards ombres de mystères comme la féminité.

ODETTE NAHOUN

Portrait 2015 :

THERESA

Confidences d’une femme libre 

Sculpteur & Peintre

 

 Mes racines, ma famille.
Mes ancêtres du côté paternel sont Portugais, d’une lignée qui remonte au XVème siècle. Epoque à laquelle Lisbonne, la ville blanche aux sept collines, était la capitale du monde. Pour mon Père, José Gonçalves-Martins, la rupture d’avec la terre natale fut brutale : il s’engagea corps et âme dans la révolution contre le régime “L’Estado novo” de Salazar et perdit tout, ses terres, ses biens… Il quitta alors le pays des azulejos et du Fado, destination la France. Ma mère Aurore le rejoint quelques mois plus tard, avec Marie-Eléonore, ma soeur aînée. Il ont devant eux toute une vie à reconstruire.

 

La France, terre d’accueil et de re-naissance.
Mes parents sont courageux, ils avancent, avec fierté, dignité, sans jamais rien demander à personne. C’est dans cet élan de survie que je viens au monde. C’est l’hiver, je suis née sous le signe du Capricorne. Une constellation en forme de “bonne étoile” qui explique peut-être ma toile Code… Alerte 2050 !. La représentation d’une femme ornée de cornes baignée d’ocres jaunes.

 

« Mon héritage, les prémices de mon art.
Mes parents rêvent pour ma soeur et moi d’une belle vie. Pour eux, cela passe par de bonnes études et un vrai métier. Marie-Eléonore suit le chemin tout tracé de la réussite et devient femme d’affaire. Elle est pour tous un exemple. Moi, je sens très jeune qu’un autre destin m’appelle, malgré les codes et les interdits. Dès l’âge de 6 ans, je désire plus que tout devenir artiste. Et durant toute ma scolarité je dessine, pendant les cours, des petites bonnes femmes rondes vêtues de lumière. Une passion dévorante qui ne colle pas aux codes et interdits qui existent aussi à l’école bien sûr. Heureusement, certains professeurs me remarquent et m’encouragent en m’offrant des livres sur le grand peintre Van Gogh. Une nouvelle dimension s’ouvre pour moi à l’âge de 12 ans : je rencontre la terre, l’argile à l’atelier libre de Bezon. Athena voit le jour, sculpture au regard ombré de mystère. Elle a déjà les courbes rondes des sculptures qui viendront après elle.

 

 Du compromis à la libération.
 Toute jeune, à 14 ans, on me propose successivement deux postes de publiciste puis dessinateur de bandes-dessinées. Mère refuse. Et c’est un “non catégorique, ce n’est pas un métier…” Une idée partagée par ma soeur Marie-Eléonore qui souhaite que je suive ses traces de femme d’affaires. Qu’à cela ne tienne, à 18 ans, toujours animée par ce feu créatif, je lance ma propre ligne de vêtements, vendus dans les boutiques de prêt-à-porter Kauffmann. C’est à cette même époque que ma première série de dessins de mode à l’aquarelle voit le jour. Bien décidée à satisfaire mes parents avec un “vrai” métier sans renoncer à ma passion artistique, je crée ensuite mon entreprise de décoration intérieure “Paris Jardins”. J’ai l’idée d’intégrer à mes installations de grands arbres naturalisés. Je rencontre alors Jacques, celui qui deviendra mon mari, et plus encore, mon Pygmalion. Grâce à lui, je me libère enfin des barrières qui freinent l’expression de mon art. En sculpture tout d’abord, alors que je dessine et peint depuis toujours.

 

Le jaillissement créatif.
Ma sculpture quitte l’intimité de mon atelier pour exister aux yeux de tous. Les expositions s’enchaînent, au Grand Palais, au Carrousel du Louvre, dans des galeries parisiennes et provinciales mais aussi à Berlin, ou encore Tokyo (médailles, récompenses, premiers prix, Invitée d’honneur…).

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La presse s’en empare (Arts Actualité Magazine, La Côte des Arts, Univers des Arts, Aladin, L’Oeil, France Soir, Femme Actuelle…). Cette notoriété me permet de belles rencontres avec mes pairs qui ont marqué ma vie de leurs empreintes (Toffoli, M. Faustino-Lafetat, L. Vuillermoz, M. Henry, Chris, J. Coquillay, M. Pigeon, J. Dollé, J.M. Hugues, M. Jouenne, J. Porte, J. Biron, Michel et Monique Messager…).

 

Le retour aux sources… pour aller plus loin.
 Continuer à explorer mon art, ma liberté, repousser les limites, les horizons… Telle est l’essence de ma création. Ainsi je renoue avec la peinture et le dessin. Je rencontre Jorg Hermle, un grand maître des techniques du XVIIème. Le champ des possibles me semble infini, je brûle de le découvrir et travaille jour et nuit à mon chevalet.

 

 Ma philosophie de vie :  liberté au-delà des difficultés.
Je suis habitée par l’art depuis toujours. Il fait partie de moi, un peu comme une seconde peau. C’est l’art qui me permet de garder un pied dans le monde de l’Humanité et d’affirmer mon appartenance au sexe féminin.

Thérésa. Avec la collaboration de Cécile Blaize et Laure Marescaux.